Nichée dans les hauteurs de l’Ouest Cameroun, Dschang est une ville au passé riche et diversifié. Fondée en 1895, elle a traversé différentes périodes coloniales avant de s’affirmer comme un centre éducatif, culturel et commercial majeur dans la région. Son histoire est intimement liée à sa situation géographique privilégiée, entre montagnes verdoyantes et cours d’eau, qui en a fait un carrefour stratégique pour les populations locales et les administrations successives.
Au fil du temps, Dschang s’est transformée de petit poste colonial en ville universitaire dynamique, tout en préservant son identité culturelle bamiléké et son caractère cosmopolite. Son évolution administrative témoigne des changements politiques qu’a connus le Cameroun, de l’époque coloniale à la décentralisation moderne.
La naissance de Dschang remonte à 1895, lorsque l'explorateur allemand Zingraft établit un poste dans cette région montagneuse. Le choix du site fut influencé par la présence stratégique des cours d'eau Asseitsa et Lefock. Après la défaite allemande lors de la Première Guerre mondiale, Dschang passa sous administration britannique de 1916 à 1920, puis française jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960. En 1921, la ville acquit le statut prestigieux de capitale administrative de la région bamiléké, position qu'elle conserva pendant plus de quatre décennies avant que Bafoussam ne la supplante en 1963 en raison de sa position plus centrale et de ses meilleures connexions routières.
L'histoire administrative de Dschang reflète les mutations politiques du Cameroun. D'abord érigée en Commune Mixte Rurale en 1954, la ville obtint le statut de Commune de Plein Exercice en 1962, marquant une étape importante dans son autonomie locale. En 1974, elle fut transformée en Commune Urbaine, adaptation nécessaire à sa croissance démographique et économique. Les années 1990 virent un redécoupage territorial important, aboutissant à la naissance des communes voisines de Fokoué, Penka-Michel et Santchou. Pendant plusieurs années, Dschang fut divisée en deux entités distinctes - urbaine et rurale - avant que la réforme de décentralisation de 2007 ne réunifie ces territoires sous une administration unique, offrant ainsi une cohérence nouvelle à la gestion locale.
La Dschang contemporaine s'est affirmée comme un pôle éducatif majeur grâce à son université reconnue et à ses nombreux établissements d'enseignement. Cette vocation académique a attiré une population diverse, faisant de la ville un carrefour multiculturel où cohabitent principalement les Bamiléké mais aussi des communautés Haoussas, Bamouns, Mbo, Bassa et Ewondo. Ce brassage ethnique, combiné à un climat d'altitude particulièrement agréable, à des potentialités agricoles importantes et à des attraits touristiques comme le Lac Municipal et les chutes de Lefock, a façonné l'identité unique de Dschang comme centre commercial et culturel dynamique de l'Ouest Cameroun.